Ric & Rac

(c) PYLB / 2016

Rencontre du 4ème type.

Deux planctons, Ric & Rac, copains comme cochons alors que tout les oppose,
Ric, grand dadais, tendance imbécile heureux, est plutôt content de tout, alors que Rac,
petit, malingre, râleur impénitent, est d’accord sur rien,
pour, quand le bon sens voudrait que l’on soit contre
et contre quand la majorité approuve,

deux planctons disais-je, habitués aux grands espaces de la haute mer,
se retrouvent pris dans un courant pernicieux et amenés à l’insu de leur plein gré
devant l’entrée d’un port où ils se trouvent nez à nez avec une moule qui avait élu domicile sur un des maillons de la chaîne d’un vieux cargo abandonné par son équipage
pour cause de salaires impayés.

La moule qui baillait aux corneilles pour attraper sa ration quotidienne de plancton
[pas trop vite le matin, doucement le soir] se retrouve face à 2 énergumènes
qui lui demandent le gîte, et pas dans son estomac !!!

Surprise elle demande à ces deux candidats au suicide
ce qu’ils viennent faire dans ces parages hostiles.

Ric & Rac lui expliquent qu’ils sont d’une espèce terriblement vénéneuse qui foudroie impitoyablement tout animal qui aurait l’imprudence de vouloir en faire son dîner.

De plus ils ne feraient pas partie de son plat préféré, le plancton végétal,
que certains crânes d’oeuf appellent phytoplancton.

Eux-mêmes sont très friands de ce légume puisqu’ils font partie de la grande famille
du zooplancton, qui, comme chacun sait, se nourrit de phytoplancton.

Assommée par toute cette science étalée,
un brin sceptique, la moule regarde ces 2 olibrius et s’interroge sur la conduite à suivre.

Ric, comprenant que leur sort se joue à l’instant présent, dit à la moule
[qui, il l’apprit plus tard, répondait au doux nom de Ginette] qu’en échange du gîte,
ils pouvaient la pourvoir en nourriture,
grâce aux leurres dont mère Nature les avaient pourvus.

Ginette, qui s’ennuyait ferme sur son maillon de chaîne,
se dit qu’à défaut de mettre du beurre dans ses phytoépinards,
voir ce que pouvait leur apporter ces deux comiques casserait un peu la routine
et qu’il serait toujours temps de les avaler tout crus
s’il y avait tromperie sur la marchandise.

C’est ainsi que se mit en place l’improbable ménage à trois, Ginette et Ric & Rac.

(c) PYLB / 2016

Intention

Utiliser le plancton pour parler des enjeux climatiques.

Je propose d’utiliser 2 planctons, Ric & Rac,
et leur copine, la moule Ginette.

Ginette, habitante du littoral, va expliquer à Ric & Rac, résidents de la haute mer,
comment vit sur cette planète, cette nouvelle espèce fraîchement débarquée : l’Homme.

Ric & Rac vont nous expliquer le climat.

Celui d’avant, celui de maintenant, celui de demain.

Cela fait 3 milliards d’années que les ancêtres de Ric & Rac vivent sur cette planète.

L’Homme y est présent depuis seulement 200 000 ans [0,0002 milliard d’années].

1998 siècles d’apprentissage et le voilà devenu capable
de modifier le climat de la Terre et de menacer son équilibre.

Depuis 2 siècles qu’il se prend pour le patron, l’Homme s’en donne à coeur joie.

Sans réelle intention de s’arrêter en si bon chemin visiblement.

Produire toujours plus, pour le plus grand nombre,
des objets à l’obsolescence programmée,semble être sa religion.

Depuis des temps immémoriaux,le plancton a eu tout le loisir d’observer la Terre
et ses différents habitants, des premiers lichens aux dinosaures.

———

Ric & Rac,

étonnés de constater que malgré l’étendue de son savoir,
l’Homme ne comprenne pas qu’il menace jusqu’à sa propre existence,
vont lui parler de gestion,ce mot que l’on trouve à chaque niveau d’une entreprise,

mais qu’il n’applique pas à son propre support de vie,
à cette île errant dans l’espace,
à cette île hors de laquelle il est perdu.

haut de page