Oceanscanner

C’est grâce à leurs voyages maritimes que Darwin, De Bougainville et La Pérouse
purent ouvrir de nouvelles portes dans l’univers de la connaissance.

A notre modeste niveau, nous pouvons en ouvrir une (petite) en permettant la réalisation
d’une expérience inédite à travers tout un océan.

Oceanscanner réunit des marins, des chercheurs, des entreprises, des artistes.

Son objectif principal est de contribuer à sensibiliser les jeunes aux défis environnementaux auxquels ils auront à faire face dans leur vie d’adulte.

Mode opératoire : dériver à une vitesse contrôlée d’environ 1 noeud (1,8 km/h) sur un voilier
freiné par une plate-forme.

Cette lenteur permettra d’effectuer des relevés, prélèvements et observations avec un maillage
très serré à travers tout un océan.

Le départ se fera au mois de novembre 2019 du port de Granadilla au sud de l’île de Ténérife
aux Canaries.

La distance estimée jusqu’aux Antilles est d’environ 2 800 milles, un peu plus de 5 000 km.

A raison de 24 milles (45 km) environ parcourus chaque jour, il faudra de 4 à 5 mois
pour effectuer la traversée.

Des relevés concernant plusieurs paramètres pourront être effectués tout au long de la traversée :

Température, salinité, densité, turbidité, fluorescence, oxygène dissous, pH, biomasse,
micro-plastiques, contaminants.

Jamais les scientifiques, qu’ils soient de France ou d’ailleurs, n’ont eu cette opportunité.

S’ils disposent de navires océanographiques, de la goélette Tara, de bouées, de satellites,
ils n’ont pas encore eu la possibilité d’effectuer autant de mesures avec un maillage aussi serré sur une aussi grande distance.

Colomban de Vargas, directeur de l’unité du CNRS participant à l’aventure, me disait que sur Tara
ils avaient fait “seulement” 150 prélèvements environ.

Ils s’arrêtaient, prélevaient et repartaient 200 ou 300 milles plus loin effectuer d’autres mesures.

Ici, il sera possible d’effectuer des mesures, prélèvements et relevés en continu à différentes profondeurs et ce à travers tout un océan.

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Comment sera obtenue la vitesse de dérive ?

4 composants : un voilier, un ponton, un container et une bouée.

Le voilier sera relié au ponton par des aussières (cordages).

Sous le ponton, du type barge ostréicole, sera suspendu un container de 20 pieds (6m).

Le voilier, sur lequel aucune voile ne sera hissée, sera poussé par le vent du fait de son fardage,
mais sera retenu par le ponton.

Pour que le ponton ne se mette pas travers au vent et aux vagues, il sera relié à une bouée.

L’attelage ainsi composé traversera l’Atlantique à reculons.

Un bateau de liaison  rejoindra l’attelage 4 fois pour permettre une relève d’équipage,
une récupération d’images et de prélèvements.

Une première fois à mi-chemin du trajet Canaries – Cap Vert,
une seconde fois lors de l’approche de l’archipel du Cap Vert,
la troisième fois en quittant cette zone,
une quatrième fois à mi-chemin du parcours Cap Vert – Antilles.

Cette expérience n’est pas un « one shot », elle pourra être renouvelée à travers d’autres océans.

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